Filed under: Vidadult | Tags: adulte, age adulte, chat, chaton, décision, famille, habitudes, nuits, trouble, vêtements, vie
On ne devient jamais autant adulte que quand une toute petite vie est sous votre responsabilité.
ça fait neuf mois que j’ai une grande vie dans la mienne.
et ça fait un tout petit peu plus d’un mois que j’ai une minuscule vie qui dépend de moi.
Oui oui, félicitez-moi, c’est une fille, elle a les yeux bleus, elle fait n’importe quoi, elle me mord, elle aime le fromage de chèvre et le miel. Elle s’appelle Terrine.
Entre mon chat à moi et ce chaton, j’ai l’impression de devenir adulte à une vitesse proche du TGV en passe du record du monde de vitesse.
En plus, au début, j’en voulais pas trop.
Je la voulais pour faire plaisir à mon amoureux.
Et puis je me suis prise de passion pour ses coussinets, ses mimiques, ses micro-miaulements, ses poses de star pour dormir et son fantastique don pour l’escalade.
Mais tout n’est pas partie de plaisir : un peu trop curieuse, elle m’a fait des frayeurs : tombée du premier étage, coussinet brûlé, coincée en haut de la porte de la salle de bains, première nuit séparées, premier vaccin…
Aujourd’hui, je l’ai présentée à ma famille : eux non plus n’en voulaient pas. Un chaton en appartement, quelle idée (moi non plus, hein, mais bon, elle a l’air parfaitement heureuse) !
Limite, je me demande s’ils n’auraient pas préféré que je fasse un vrai bébé, sans trop de poils, avec beaucoup de peau rosée et des cris perçants.
D’ailleurs, revient souvent cette question : “Tu regrettes pas ?” comme si j’étais tombée en cloque comme on tombe d’un trottoir. Comme si je l’avais choisie sur un coup de tête.
Est-ce que je regrette mes crises de trouille à l’idée qu’elle fasse pipi dans un coin, qu’elle n’aime pas ses croquettes, qu’elle s’enfuie, qu’elle me déteste et qu’elle se sente malheureuse ? Mes insomnies quand je ne dors pas roulée en boule sous ses pattes, quand je crois qu’elle fait des bêtises, quand elle me bouffe les orteils malicieusement sous la couette ?
Non.
Je regrette pas non plus les à-côtés dont on ne parle pas : les prouts et les cacas atomiques qui font tomber dans les pommes, les fringues transformées en gruyère, le dortoir improvisé sur la petite robe noire, les week-ends qui n’ont plus rien d’improvisé quand on veut partir loin sur un coup de tête, les possibles maladies/coups/chutes.
Je regrette rien, et ça vaut mieux : j’en ai pris pour 20 ans ferme, avec elle.
Dédicace à la Bib’, la Bibou, la Bibouschkanovitchna, Terrine-la-Terreur.
Filed under: VDF (VieDeFoliz), Vidadult | Tags: adulte, délire, habitudes, mec, nuits, partage, plaisir, relation, vie
Tous les jours qui passent depuis plus d’un mois me rendent plus adulte.
J’apprends à (mal) gérer mon temps, à connaître la limite de mes nerfs, les petits matins pleins de “je veux pas y aller”, les journées qui filent à toute allure… J’apprends surtout à me dépasser, à aller plus loin que je ne penser pouvoir aller, pour quelqu’un.
Je brave la maladie, le ras-le-bol, l’incompréhension et d’autres choses encore pour pouvoir prendre soin de quelqu’un sur la durée.
Qui aurait pu savoir ? Qui aurait pu me dire, il y a 6 mois, que j’allais me responsabiliser, devenir adulte, me battre avec la vie juste pour quelqu’un ? pour un garçon.
Mais pas n’importe lequel. Comme c’est un garçon épatant, je voudrais qu’il soit épaté.
Je me lève le matin, encore pleine de sommeil, dans l’optique d’aller travailler pour lui acheter des cadeaux. Je serre les dents toute la semaine pour esquisser un sourire le vendredi soir.
Quand il n’est pas là, je me sens très seule, et, paradoxalement, plus si seule que ça.
Il a un pouvoir magique : quand le travail m’échappe, quand mon cerveau pédale dans la semoule et que je me dis que je n’y arriverais jamais, que c’est fichu d’avance, que jamais il ne sera épaté ; je pense à lui. Je pense à lui et je souris. Et je pense que je dois l’épater donc je n’ai pas le droit à l’erreur. Je fais des heures supp pour que la semaine passe plus vite et m’emmène vers lui.
Tous mes gestes ou presque tendent vers le moment où je pousserai le loquet de la rame de métro, vers la cavalcade d’escaliers, la lourde porte qui laisse passer le jour, vite vite avant que le feu ne passe au rouge, remonter l’avenue qui est en pente et je suis chargée mais tant pis, il n’est plus si loin, passer le coin de cette avenue totalement fantasque, me retrouver sur la place, compter les passages piétons (un… deux, çuilà, y’a jamais personne, trois), l’avenue qui descend, et là, là bas, sa rue, et là, là sa fenêtre, le code, vite vite, sonner comme une perdue et entendre : “Poulet ?”
Je vis pour cet instant-là, quand j’entends l’interphone faire un cliquetis particulier et que la porte s’ouvre, il est là, il est tout près, encore un étage, je suis en sueur, complètement fourbue par mon paquetage, mais je m’en fous, il est là, plus rien n’existe, tout existe, c’est juste du déliiiiiiiiiiire, c’est juste le meilleur moment de la semaine, il est là, tout s’arrête, tout commence, j’arrête d’avoir peur, j’arrête d’être tendue, il est là.
Je laisse ma vie et mes soucis d’adulte sur le palier, et il claque la porte derrière moi.
Je sais exactement quand ça a commencé.
Déjà, j’étais en retard. Je voyais la cime du bâtiment me narguer et l’aiguille des minutes éperonner ma panique. J’ai accéléré le pas. J’étais fébrile, je sentais chacune de mes pulsations cardiaques jusque dans mes oreilles.
Traverser sans se faire écraser. Arriver saine et sauve sur le trottoir. Rentrer dans la gare.
Mince, son train est déjà arrivé. Courir, se précipiter sur le quai.
Et là,
là au milieu de la foule éparse,
lui.
Comment vous dire ? Je suis restée là, ballante, haletante, sur le quai. Je n’ai vu que son regard. Deux yeux vert d’eau, plouf, j’ai plongé. Plouf, je me suis noyée. Je me suis retrouvée loin de tout, loin de là, loin de comprendre. Dans des endroits que je ne pensais jamais explorer. L’espace d’une fraction de seconde, tout s’est figé, comme si le monde avait ouvert une minuscule faille spatio-temporelle pour me faire admirer un instant la puissance de sa beauté. Je suis restée abasourdie, moi, mon souffle court, mon sac chargé d’une bouteille de Pepsi Max dont le roulis reproduisait decrescendo l’allure de mon sprint.
Je le regarde, ébahie. Il me regarde, rieur.
Je l’entraîne à l’intérieur de la gare, je lui parle de tout, de rien. Des panneaux d’affichage. J’ai peur de recroiser ses yeux et de retomber. J’ai peur de perdre pied mais c’est terriblement attirant et excitant. Je croise son regard très clair plusieurs fois, pour quelques millièmes de seconde. À chaque fois, cette décharge, cette révélation, cette noyade.
Est-ce qu’il le sait, est-ce qu’il le soupçonne ? Je n’en suis pas certaine.
Je meuble la conversation qui patine un peu avec des mots vides et mous. Je tente de faire de l’humour. Mais je suis trempée de surprise. J’ai glissé chef, j’ai glissé…
Un peu plus de trois mois plus tard, le regard clair et vert d’eau est toujours là. Il me regarde, parfois plusieurs fois par semaine. J’ai appris à ne plus trop me noyer dans ses yeux. Maintenant, j’arrive à y nager un peu, même si je reste au bord pour mieux admirer le paysage. Il ne sait pas qu’à chaque fois que je croise ses yeux, je vois l’une des plus belles choses au monde. Je le vois, lui.
Filed under: VDF (VieDeFoliz)
Je l’aime.
J’en suis sûre, maintenant. Je l’aime comme je n’avais pas aimé depuis longtemps.
Depuis…
Je m’en fous complètement s’il ne m’aime pas en retour. ça n’a aucune importance (ou si peu).
Rien que de savoir qu’il existe quelque part dans le monde et qu’il est dans ma vie est la sensation la plus exaltante du monde.
Filed under: Vidadult
Il y a longtemps, si longtemps que personne ne s’en souvient, une petite fille pleine de bourrelets. Elle vivait dans un endroit qui n’était pas chez elle, loin de tout, près de gens qui parlent avé l’assent.
Un jour, qui devait être un week-end fastueux, il y eut une tempête. La petite fille pleine de bourrelets a tout perdu.
Il y a eu une vraie tempête, Klaus, qui l’a bloquée chez elle, sans radio, télé ou réception téléphonique. Il y a eu cette tempête, qu’elle a appelé Klaus, qui l’a laissée toute seule.
Du jour au lendemain, d’une minute à l’autre, en une fraction de seconde, en un bombage de cristallin, tout a explosé.
Elle est passée de deux à un. Elle est passée de bonheur cahotant à malheur sans nom.
“Pourquoi ? Comment ?“
Elle ne le sut jamais. Elle a laissé partir l’autre. Ou plutôt, elle a accepté le fatum. Elle s’est retrouvée seule. Enfin, on n’est jamais vraiment seul quand on a cent mille questions en tête.
Elle n’a jamais posé les questions au fuyard. Elle est restée là, stoïque mais surtout abasourdie. Elle n’a pas pensé à pleurer tout de suite. Les questions sont venues d’abord. Les questions ne sont jamais parties. Elle a juste mis un oreiller dessus pour les étouffer. Elle n’en n’a jamais parlé à personne.
Personne n’a jamais répondu à ces/ses questions. ça fait plus de deux ans. Une grosse faille, un énorme point d’interrogation et une paranoïa.
La petite fille pleine de bourrelets est devenue une petite fille sans bourrelets et puis les bourrelets sont revenus parce qu’elle avait décidé de devenir adulte.
Aujourd’hui, la petite adulte aux bourrelets a étouffé les questions. Elle a fait sa vie.
Aujourd’hui, tu veux les réponses de questions tellement jumelles de celles qui m’ont obsédées. Aujourd’hui, tu veux tout. Tu veux regarder mon cerveau, l’analyser, mais tu ne seras jamais content du résultat.
Aujourd’hui, la petite adulte aux bourrelets en a marre. Elle te déteste. Pourquoi tu aurais la chance d’avoir des réponses quand elle n’en n’a pas eu ? Aujourd’hui, tu as réveillé la petite fille aux bourrelets. Tu n’étais pas là, tu n’as pas vu les dégâts. D’autres peuvent en témoigner : c’était pas beau à voir.
Aujourd’hui, après deux ans de sommeil et d’étouffement par oreiller, les questions sont revenues, et la petite fille aux bourrelets et au coeur palpitant en morceaux aussi.
Merci de me rappeler ces douleurs, ces questions, ces larmes.
J’avais oublié à quel point ça faisait mal.
J’aime beaucoup écouter ce remix. Quand je ne me sens pas à ma place/dans mes pompes/au bon endroit.
J’ai l’impression d’être une mauvaise personne. D’avoir certaines mauvaises choses sur moi et en moi.
J’espère simplement les trouver rapidement et les éradiquer. Et ne pas me perdre, entre temps.
Filed under: VDF (VieDeFoliz) | Tags: clairvoyance, coeur, congélateur, culcul, guimauve, Klaus, relation, rupture, sentimentalisme
Pour les gens qui me suivent depuis un moment, l’évocation du mot “Klaus” leur donne froid et rappelle des choses qui piquent. Pour les noobs, c’est le nom que j’ai donné à l’immonde rupture sauce “bâtard sans couilles” que j’ai vécu il y a deux ans.
La première chose que j’avais faite, en me relevant de cette sale période, c’était de me jurer qu’on ne m’y reprendrait plus et, surtout, j’avais soigneusement roulé le peu qu’il me restait de coeur dans de la pierre, puis j’avais fourré ça au fond d’un congélateur.
Je me disais que personne ne pourrait plus jamais y avoir accès et que c’était nettement mieux comme ça.
Après, j’ai vécu deux ans à espérer que chaque garçon que je laissais approcher serait le mec qui ferait Excalibur avec le congélateur. Parfois, le congélateur a frémi. D’autres fois, il s’impatientait qu’on ouvre la porte. Il y a vraiment cru une fois. Fausse alerte, du coup, ça a givré de partout et rendu l’ouverture encore moins facile.
Et puis un jour, tu ne sais pas ce qu’il se passe exactement, il y a quelqu’un qui débarque. Il ne s’intéresse pas au congélateur, il n’a même pas vu qu’il y avait un congélateur. Mais quand il est venu discuter avec toi, c’est comme s’il s’était assis dessus. Comme s’il avait pressenti le problème sans le voir.
Alors vous discutez, sagement accoudés sur le congélateur. Voilà, la vie, quoi. Les choses, de la discussion. De la douceur et de la compréhension.
Et un soir, vous vous retrouvez en larmes dans le lit. Plus d’eau que dans le lac Léman. Plus de sanglots qu’un orphelinat. Des pleurs qui viennent de loin, un chagrin que vous ne reconnaissez pas.
Je n’avais pas pleuré comme ça depuis Klaus. En quelques minutes, mon oreiller était détrempé. Ce soir-là, je n’ai rien compris. J’avais mal dans la poitrine, une douleur si vivace qu’elle me laissait hébétée entre deux sanglots. J’ai pleuré à défaut de comprendre. Je ne savais pas d’où pouvaient provenir toutes mes larmes.
C’est lui, accoudé au congélateur qui a trouvé la raison et l’explication à tout ça. Je le sentais presque goguenard.
Il a prononcé le mot interdit, tranquillement.
Amoureuse
Et d’un coup j’ai compris. Les larmes, c’était le congélateur qui se dégivrait. Car il n’avait plus rien à garder. La douleur dans la poitrine, c’était mon coeur qui était revenu en place et qui commençait à battre pour quelqu’un.
Il est toujours accoudé au congélateur, mais le congélateur est débranché et grand ouvert.
Filed under: Vidadult
Je ne te regarde pas. Je sais que tu es là.
Je n’ai pas besoin de te regarder, je te sens.
Je te le dis tout le temps “Ne viens pas me voir, c’est mal. Ma vie a changé, ce n’est plus comme avant”. Tu me supplies. “Souviens-toi… Souviens-toi comme c’était bien… Toi et moi. Nous deux, tu te souviens ?”
Je secoue ma tête, pour chasser les idées qui s’y entrechoquent. Bien sûr que je me souviens. Quand j’y repense, c’est aussi délicieux que la morsure du soleil sur ma peau. Je me souviens, je lutte contre un sourire béat, je lutte contre toi.
Dernièrement, tu t’es fait plus insistant. Tu ne me lâches plus. Tu me parles tous les jours. Avant, tu m’avais oubliée. ça me fait rire. Ces mois sans nouvelles de toi, ça fait un an que tu ne m’avais pas parlé, que nous n’avions plus aucun contact. Maintenant, je suis ton obsession (comme dirait la pub). Je ne l’ai dit à personne, que tu me harcelais. Parce que oui, là, c’est du harcèlement.
Je lutte avec chaque pore de ma peau pour te dire non. Parfois, j’ai envie de tout laisser tomber, me laisser glisser entre tes bras, savourer ça et oublier les conséquences.
Mais ces conséquences trottent dans ma tête. Je ne suis plus toute seule, j’ai pris la responsabilité de quelqu’un. Je ne suis plus une, je suis deux, parfois trois. Quand tu es là, je ne suis que moi, toute seule, simplement moi avec une délectation sans bornes.
Tu t’es fait coiffer au poteau, mon pauvre. Tu essayes de ruser. Tu me sors tous tes arguments “massues”. Je me mords les lèvres, je me détourne, j’essaye d’oublier que chaque jour, je me rallie un peu plus à ta cause.
Parce que tout ça n’est qu’une question de temps. Parfois, dans la glace, je me souris, je vois ton visage en surimpression.
Bien sûr qu’on finira ensemble. Comme on a été ensemble si longtemps, c’est logique. Toi et moi, c’est logique.
Je te souris. Tu me manques, Célibat.
Filed under: Uncategorized
Pour mémoire, j’avais pris comme bonnes résolutions le 1/01/10 :
Permis !
2e Whatever
M’installer à Bruxelles
Si pas de job, retour au Master
Continuer le dégraissage
Tout faire pour continuer à être moi-même
Bon, alors gros fail hein, ma grande.
Le permis est en gestation. Bruxelles n’est qu’un fantasme. J’ai repris mes kilos.
Mais sinon, j’ai eu mon premier vrai travail et je suis dans le Master qui me faisait rêver. Et je continue à aller à la rencontre de moi-même.
Faits marquants de l’année
- J’ai eu 5 mecs différents.
- J’ai eu le meilleur, le plus beau, le plus génial, le plus MERVEILLEUX des tafs. Le taf de ma vie, en gros.
- Je n’ai pas la tare génétique de ma famille.
- J’ai vu Air, Archive (deux fois !), Caribou, Two Doors Cinema Club.
- Les XX en live, ça donne envie de se tirer une balle (sourire, ça fait souffrir ?)
- J’ai combattu la dépression encore une fois.
- Je parle le belge couramment.
- J’ai apprivoisé Twitter (et par le truchement d’icelui, connu des gens merveilleux).
- Easdale, Gairloch, Almevich, Firemore Sands, L’ECOSSE.
- La dolce vita avec Papa, c’est fini.
- J’ai vécu un 9/11 à ma sauce.
- J’ai perdu presque toutes mes amies filles (RIP Annelise et Lucie) (même si Lucie me reparle, ne plus l’avoir dans ma vie a été uncool).
- On a tranché la gorge de ma mère sous menace de cancer et en fait, y’avait juste une HENAURME thyroïde dedans.
Chansons de l’année :
- “Rescue” – Ozark Henry “Kill and lock me in a jar…“
- “Crystalized” – The XX “Glaciers have melted into the sea, I wish the tide would take me over” “Don’t think that I’m pushing you away when you’re the one that I’ve kept closer“
- “I want candy” – Bow Wow Wow ” “YEAH” [percus trop géniales]
- “Take it in” – Hot Chip “Oh please take my heart and keep it close to you“
- “Sweet disposition” – The Temper Trap (pour la batterie et mes sprints le long de l’Eurostar pour aller au taf)
- “Odessa” – Caribou “She can say she can say Who knows what she can say ?“
- Sinon Petit Jésus, TROP MERCI pour Hot Chip, Ozark Henry, Archive, Kings of Convenience, Arid.
Films de l’année :
- Brothers
- 500 jours ensemble
- Sex and The City 2 (Samantha !)
- Inception (Joseph Gordon-Levitt !!)
- Precious
- Alice in Wonderland (Anatawé !)
- Dog Pound
- Twalète 3 (qui est en gros “épouse moi, épouse moi” “nan jdois faire mes devoirs mais transforme moi en vampire d’abord”)
Livres/BD de l’année :
- La Route
- Tamara Drewe
- Nous ne serons jamais des héros
- Dune
- Trop. Je sais plus. C’est mal.
Résolutions de l’année ?
Jogging
Permis
Cassius (petit frère du Whatever)
Trouver un taf (même caissière)
Je suis assise dans ma chambre. Je regarde la photo en la caressant du bout du doigt. Alors c’est tout ce qu’il me reste de toi ? De vous ?
Une photo, c’est tellement beaucoup et tellement peu à la fois.
J’entends le vent qui cingle les vitres, le soleil se cache pour se coucher. Je sais plus quelle heure il est, ni quel jour de la semaine on peut etre. D’ailleurs, je m’en fiche. Ce sentiment est intemporel pourtant il appartient à ce moment si court. Entre l’annonce et la prise de conscience.
J’étais assise sur le canapé, quand maman est rentrée du boulot, je surfais sur le net à la recherche de documentation sur le Printemps des peuples. Maman m’a dit “j’ai reçu un SMS de Manou (ma grand mère) cette nuit”. Je ne me retourne pas. Quelque part dans mon cerveau je savais déjà. Maman finit, m’achève “Mamie est morte cette nuit”.
Je savais que tu avais cette grosse bronchite, et que tu avais 95 ans. Mais tu me manques horriblement. Je parie que tu n’es pas totalement partie, ton âme de 21 grammes flotte surement quelque part entre le 169 rue Sadi Carnot et la stratosphère. Si je pouvais je la capturerais et tu me raconterais ta vie, on regarderait la photo de ton mariage avec Bon Papa qui était si beau que je n’en n’ai pas cru mes yeux quand je vous ai vus, à 20 ans à peine, ta robe magnifique et ce long long voile. Et on se ressemble beaucoup sur cette photo.
A la place je regarde l’autre que je caresse de la main, toi et Bon Papa le 2 août 1987, vous étiez les premiers à me voir, moi, votre toute première arrière-petite-fille. 14 ans plus tard, c’est Bon Papa qui s’enfuit, il part comme toi dans son sommeil, c’était comme mon deuxième papa, je me souviens encore de cette fois où j’étais allongée par terre dans votre salon et il s’est allongé à coté de moi. Et on a eu toute la peine du monde à le remettre sur ses pieds, tellement on riait. J’avais 3 ans. Et cette soirée, là au mariage d’un de mes nombreux cousins où il m’a attrapé la main et m’a dit “Margaux, hein oui que tu te marieras à 17 ans et demi ?”, j’avais 13 ans et depuis ce soir là je m’étais promis une chose : que vous connaissiez votre premier arrière arrière petit enfant. J’étais persuadée d’en etre capable.
Ce soir, je suis déçue de moi-même à un point inimaginable. Ma seule promesse, ma seule motivation à avancer, grandir, me battre, progresser, faire mes preuves avait une seule chute : te montrer mon premier enfant, que tu sois fière, meme si tu étais déjà presque aveugle, une famille quoi.
Je me souviens de Jeudi dernier, toi, manou, maman et moi. 4 générations dans le même salon. C’était beau, quelque part je savais que cette harmonie était éphémère, mais je la savourais. Je savais qu’elle me filerait entre les doigts.
Je pense que si je me déçois autant, c’est parce que je n’ai pas accompli le voeu de Bon Papa, quoique le petit ami de l’époque ne valait pas d’être épousé; mais surtout, je ne t’ai jamais dit à quel point je t’aimais.
Un texte qui a presque 5 ans mais qui est toujours aussi vrai. Je suis contente de l’avoir retrouvé, car je ne veux pas oublier.